Sommaire
- Peut-on être en arrêt maladie quand on est sans emploi ?
- Les conditions pour toucher des indemnités journalières en 2026
- Arrêt maladie et chômage : ce que fait France Travail
- Le test des 4 fenêtres
- Sans emploi ni chômage : les aides qui prennent le relais
- Déclarer son arrêt : la marche à suivre
- Les 3 erreurs qui coûtent des droits
- Questions fréquentes
Le médecin vous tend un arrêt de travail. Vous n’avez plus de contrat depuis six semaines, et plus d’allocation chômage depuis mars. La question arrive tout de suite : qui paie ?
Réponse courte : personne ne paie automatiquement. Un arrêt maladie reste possible sans employeur, puisque c’est un acte médical et non un acte administratif. L’indemnisation, en revanche, ne dépend pas de votre situation familiale ni de vos économies. Elle dépend d’un seul chiffre : les heures travaillées sur les 90 derniers jours.
Avec au moins 150 heures au compteur, la CPAM verse des indemnités journalières. En dessous, l’arrêt existe mais ne produit aucun revenu de remplacement. Il faut alors basculer sur le RSA, l’AAH ou les aides locales, sans attendre.
Ce guide détaille les règles en vigueur en 2026, le comportement exact de France Travail pendant un arrêt, et un test en quatre durées qui vous situe en deux minutes.
Points clés
- La CPAM indemnise aussi les personnes sans contrat de travail, à condition d’avoir 150 heures sur les 90 derniers jours.
- Trois jours de carence, puis 50 % du salaire journalier de base, plafonné à 42,97 € bruts pour un arrêt prescrit depuis juillet 2026.
- Arrêt supérieur à 15 jours : France Travail vous retire temporairement le statut de demandeur d’emploi et coupe l’ARE.
- Sans IJSS ni chômage, le RSA (651,69 €) et l’AAH (1 041,59 €) constituent le filet minimal.
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Peut-on être en arrêt maladie quand on est sans emploi ?
Oui. L’arrêt de travail est prescrit par un médecin, sans condition d’emploi. L’Assurance Maladie l’enregistre et le prend en compte. Un arrêt peut donc parfaitement exister sans contrat de travail en cours.
L’Ameli le formule sans détour sur sa page dédiée aux indemnités journalières : « Que vous soyez salarié ou sans emploi, vous pouvez percevoir des indemnités journalières après un délai de carence de 3 jours ».
Le piège est ailleurs. Beaucoup confondent la couverture santé et le revenu de remplacement. Vos soins sont remboursés si vous êtes assuré social, par votre activité passée, en tant qu’ayant droit ou via la Complémentaire santé solidaire. Les indemnités journalières répondent à des conditions d’heures travaillées qui n’ont rien à voir. Vous pouvez donc être couvert pour une hospitalisation et n’avoir droit à aucun euro pendant l’arrêt. Deux droits distincts.
Les conditions pour toucher des indemnités journalières en 2026
Pour un arrêt de moins de six mois, il faut avoir travaillé au moins 150 heures sur les 3 mois (90 jours) qui précèdent l’arrêt. Une mission d’intérim qui s’achève, un CDD qui se termine, un temps partiel à 12 heures par semaine : tous ces profils peuvent franchir la barre.
La CPAM retient aussi la condition de cotisation sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le Smic horaire sur la même période. En pratique, les deux critères vont ensemble pour un salarié déclaré.
Au-delà de six mois d’arrêt, une condition supplémentaire s’ajoute : être affilié à l’Assurance Maladie depuis au moins 12 mois à la date de l’arrêt.
Les montants versés restent modestes. L’indemnité correspond à 50 % du salaire journalier de base, lui-même calculé sur la moyenne des trois derniers salaires bruts divisée par 91,25. Un plafond s’applique.
| Situation | Ce que verse l’Assurance Maladie |
|---|---|
| 150 heures ou plus sur les 90 derniers jours | Indemnités journalières à partir du 4e jour d’arrêt |
| Moins de 150 heures, arrêt de moins de 6 mois | Aucune indemnité journalière |
| Arrêt de plus de 6 mois et 12 mois d’affiliation | Indemnités journalières, 360 jours maximum |
| Affection de longue durée reconnue | Indemnités journalières jusqu’à 3 ans |
Le plafond de l’indemnité journalière est de 41,95 € bruts pour un arrêt prescrit en juin 2026, et de 42,97 € bruts pour un arrêt prescrit à compter de juillet 2026. Ces montants évoluent avec le Smic, donc chaque début d’année.
La durée totale est plafonnée à 360 jours d’indemnités sur une période de 3 ans. Une ALD change la donne, avec un plafond porté à 3 ans.
À retenir
Un seul seuil décide de l’ouverture du droit : 150 heures travaillées sur 90 jours.
- Comptez vos heures réelles, pas vos mois de contrat.
- Un arrêt supérieur à 6 mois exige 12 mois d’affiliation.
- Les indemnités démarrent au 4e jour, jamais avant.
Arrêt maladie et chômage : ce que fait France Travail
Si vous êtes inscrit et indemnisé, votre arrêt maladie a des conséquences immédiates sur l’ARE. Elles dépendent de la durée de l’arrêt, pas de sa gravité.
Arrêt de 15 jours ou moins. Vous restez inscrit comme demandeur d’emploi. Le versement de l’ARE est interrompu. Des IJSS peuvent être versées par l’Assurance Maladie si vous remplissez les conditions d’heures.
Arrêt de plus de 15 jours. Vous n’êtes plus considéré comme demandeur d’emploi. L’ARE est également interrompue. À la fin de l’arrêt, vous devez vous réinscrire à France Travail dans les 5 jours calendaires, samedis, dimanches et jours fériés compris, pour reprendre le versement.
Les jours d’allocation non versés pendant l’arrêt ne sont pas perdus. Ils sont reportés et repoussent d’autant la date de fin de vos droits. La suspension coûte du temps, pas des jours d’ARE.
Une obligation subsiste dans tous les cas : déclarer l’arrêt depuis votre espace personnel France Travail. La consigne officielle est explicite, cette déclaration évite que des allocations soient versées à tort et que vous ayez à les rembourser plus tard. Un trop-perçu se récupère, y compris sur des mois déjà consommés.
Ce que vous ne trouverez pas ailleurs : le test des 4 fenêtres
Les guides sur le sujet listent les conditions, sans jamais dire dans quel ordre les vérifier. C’est pourtant l’ordre qui fait gagner du temps.
Le test des 4 fenêtres consiste à contrôler quatre durées, dans cet ordre : 90 jours, 12 mois, 15 jours, 5 jours. Chacune ferme ou ouvre une porte différente.
| Fenêtre | La question à se poser | Ce qui se joue |
|---|---|---|
| 90 jours | Ai-je 150 heures travaillées sur les 3 derniers mois ? | Ouverture des IJSS |
| 12 mois | Mon arrêt dépasse-t-il 6 mois et suis-je affilié depuis un an ? | IJSS de longue durée |
| 15 jours | Mon arrêt est-il au-delà de 15 jours ? | Statut France Travail |
| 5 jours | Combien de temps ai-je pour me réinscrire ? | Reprise de l’ARE |
Première fenêtre, les 90 jours. Prenez vos bulletins de paie, additionnez les heures. Un mi-temps à 17,5 heures hebdomadaires donne environ 210 heures sur trois mois, donc un droit ouvert. Une fin de CDD il y a quatre mois laisse la fenêtre vide.
Deuxième fenêtre, les 12 mois. Elle ne concerne que les arrêts longs. Si votre arrêt court depuis plus de six mois, la CPAM vérifie votre affiliation depuis un an. Un salarié en CDI depuis deux ans passe sans difficulté.
Troisième fenêtre, les 15 jours. C’est le seuil que France Travail applique pour vous retirer, ou non, le statut de demandeur d’emploi. Un arrêt de 12 jours vous laisse inscrit, un arrêt de 3 semaines non.
Quatrième fenêtre, les 5 jours. Elle se joue à la sortie, quand tout le monde a déjà rangé le dossier. La réinscription se fait dans les 5 jours calendaires après la fin de l’arrêt, sinon la reprise de l’ARE prend du retard.
Un chiffre à retenir : ces quatre durées suffisent à expliquer pourquoi deux personnes en arrêt la même semaine touchent des sommes radicalement différentes.
Sans emploi ni chômage : les aides qui prennent le relais
Quand la CPAM ne verse rien et que l’ARE n’existe plus, il reste les minimas sociaux. Ils ne compensent pas un salaire, mais ils évitent la rupture complète.
Le RSA s’adresse aux personnes sans ressources ou à ressources très faibles. Le montant forfaitaire pour une personne seule est de 651,69 € par mois depuis la revalorisation du 1er avril 2026. Il faut avoir 25 ans (ou être parent isolé), résider de façon stable en France et ne pas dépasser les plafonds de ressources. Point important : l’IJSS entre dans le calcul des ressources, donc les deux se cumulent rarement.
Autre point à connaître, le RSA est versé à partir du mois de la demande. Pas de rétroactivité sur les mois précédents. Chaque mois d’attente est un mois perdu.
| Aide | Pour qui | Montant ou base 2026 |
|---|---|---|
| RSA | Sans ressources, 25 ans ou parent isolé | 651,69 € pour une personne seule |
| AAH | Incapacité d’au moins 50 % reconnue par la MDPH | 1 041,59 € au maximum |
| Complémentaire santé solidaire | Ressources faibles, soins à financer | Prise en charge totale ou partielle |
| Aide au logement | Locataire ou accédant, ressources modestes | Calculée selon le loyer |
| ASPA | 65 ans et plus, ressources insuffisantes | Allocation différentielle |
L’AAH mérite un détour : une maladie longue qui laisse des séquelles justifie un dossier MDPH, avec plusieurs mois d’instruction. Déposer tôt ne coûte rien, sauf la paperasse. Le CCAS de votre commune et le service social départemental complètent le tableau pour une aide alimentaire ou une facture d’énergie. Ces aides ne sont pas automatiques, il faut les demander, puis suivre ses droits depuis son espace CAF.
Déclarer son arrêt : la marche à suivre
La procédure est courte, mais un oubli se paie en semaines de retard.
Étape 1 : faire prescrire l’arrêt
Consultez un médecin, qui établit l’arrêt et sa durée. Un médecin généraliste suffit. Si l’arrêt est lié à un accident du travail ancien ou à une visite de reprise, le dossier rejoint celui de l’absence pour visite médicale.
Étape 2 : transmettre à la CPAM sous 48 heures
Votre médecin télétransmet généralement l’arrêt. À défaut, le volet destiné à la caisse doit parvenir à l’Assurance Maladie dans les 48 heures. Un arrêt transmis en retard décale le versement, il ne l’annule pas.
Étape 3 : prévenir France Travail
Depuis votre espace personnel, rubrique de déclaration de changement de situation. C’est cette déclaration qui protège du trop-perçu.
Étape 4 : vérifier ses droits sur son compte Ameli
Le compte Ameli affiche l’ouverture du droit, le montant de l’indemnité journalière et la date de premier versement. Une absence d’affichage au bout de deux semaines signale un dossier incomplet.
Étape 5 : déposer les demandes d’aides en parallèle
N’attendez pas le refus de la CPAM pour lancer un dossier RSA ou MDPH. Les délais d’instruction se cumulent mal.
Les 3 erreurs qui coûtent des droits
Première erreur : croire que « sans emploi » veut dire « aucun droit ». La condition des 150 heures est une condition d’heures, pas de contrat. Un intérimaire dont la mission s’achève le vendredi et qui tombe malade le lundi peut parfaitement être indemnisé. Cette erreur pousse des milliers de personnes à ne rien demander.
Deuxième erreur : attendre la fin de l’arrêt pour se réinscrire. Le compteur des 5 jours calendaires tourne dès le dernier jour de l’arrêt. Passé ce délai, la reprise de l’ARE est décalée, sans recours possible.
Troisième erreur : ne pas déclarer l’arrêt à France Travail. L’allocation continue d’être versée, puis France Travail la réclame. Le remboursement porte sur des mois entiers, parfois au moment où le budget est le plus serré.
Un dernier réflexe utile : demandez à votre caisse le détail du calcul de votre indemnité journalière. Les erreurs de salaire de référence existent, notamment quand l’employeur a mal déclaré la dernière période. Un recours se dépose dans les deux ans.
Questions fréquentes
Peut-on être en arrêt maladie sans emploi et sans chômage ?
Oui. Le médecin peut prescrire un arrêt à toute personne, employée ou non. En revanche, l’absence d’emploi et l’absence d’allocation chômage réduisent fortement les chances d’être indemnisé : sans 150 heures travaillées sur les 90 derniers jours, la CPAM ne verse rien.
La CPAM indemnise-t-elle un arrêt maladie quand on n’a pas travaillé ?
Non, sauf exception. Il faut 150 heures sur les 3 mois précédents, ou une affiliation de 12 mois pour un arrêt de plus de 6 mois. Les personnes sans aucune activité récente relèvent du RSA, de l’AAH ou des aides sociales locales.
Que devient l’allocation chômage pendant un arrêt maladie ?
Elle est interrompue pendant toute la durée de l’arrêt, quelle que soit sa longueur. Les jours non versés sont reportés en fin de droits. Au-delà de 15 jours d’arrêt, France Travail suspend aussi le statut de demandeur d’emploi, avec réinscription obligatoire sous 5 jours à la sortie.
Peut-on toucher le RSA pendant un arrêt maladie ?
Oui, à condition de respecter les plafonds de ressources. Les indemnités journalières comptent dans ces ressources, ce qui réduit souvent le RSA à zéro quand elles sont versées. Sans IJSS, le RSA devient la principale source de revenu, versée à partir du mois de la demande.
Combien de jours de carence en 2026 ?
Trois jours. Les indemnités journalières sont versées à partir du 4e jour d’arrêt. Ce délai s’applique aussi aux personnes sans emploi. Certaines conventions collectives prévoient un maintien de salaire par l’employeur, mais ce mécanisme ne concerne que les salariés en poste.
Faut-il prévenir France Travail de son arrêt maladie ?
Oui, c’est obligatoire. La déclaration se fait depuis l’espace personnel. Elle évite un versement d’allocations à tort, que France Travail récupère ensuite. Un arrêt non déclaré peut aussi être signalé par la CPAM lors des échanges entre organismes.
Conclusion
Un arrêt maladie sans emploi n’est ni une impasse ni une évidence. Tout se joue sur trois éléments : les heures travaillées, la durée de l’arrêt, le statut vis-à-vis de France Travail.
Le réflexe à garder : additionner ses heures avant de se demander combien on va toucher. 150 heures sur 90 jours ouvrent la CPAM. En dessous, la réponse est du côté du RSA, de la MDPH ou du CCAS, et elle se demande sans attendre. Les plafonds, eux, bougent chaque année avec le Smic : vérifiez le vôtre sur Ameli avant de bâtir un budget dessus.



