Sommaire
- Bifinity en une phrase
- Biofinity ou Bifinity : ne confondez pas
- À quoi servait Bifinity concrètement
- Bifinity, Binance Connect, Binance Pay : qui fait quoi
- Combien ça coûtait réellement
- Le dossier lituanien, et la fin
- Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
- Faut-il encore utiliser Bifinity en 2026 ?
- Questions fréquentes
Tapez « bifinity » dans Google et vous tomberez sur des lentilles de contact. Biofinity, de CooperVision. Le vrai Bifinity n’a aucun rapport avec l’optique.
Bifinity est la société de paiement que Binance a créée en mars 2022 pour convertir des euros en cryptomonnaies, et l’inverse. Une entité lituanienne, Bifinity UAB, basée à Vilnius, qui servait de tuyau entre les banques européennes et la plateforme d’échange. Elle a fermé le 31 décembre 2025, poussée dehors par la réglementation européenne MiCA.
Trois ans d’existence, un changement de nom, un régulateur britannique mécontent, et aujourd’hui une marque fantôme. Voici ce que Bifinity faisait vraiment, ce qu’elle coûtait, et par quoi elle a été remplacée. Mis à jour en octobre 2026.
Points clés
- Bifinity = fournisseur de paiement fiat-to-crypto du groupe Binance, lancé le 7 mars 2022.
- Structure : Bifinity UAB, société de droit lituanien immatriculée à Vilnius.
- Son rôle : encaisser les dépôts bancaires des utilisateurs européens et payer les retraits.
- La marque côté commerçants a migré vers Binance Connect, arrêté en août 2024.
- Bifinity UAB ne fournit plus aucun service depuis le 31 décembre 2025 (fin du régime transitoire MiCA en Lituanie).
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Bifinity en une phrase
Bifinity est le fournisseur officiel de paiements fiat-vers-crypto du groupe Binance, créé le 7 mars 2022 et opéré par Bifinity UAB, une société immatriculée à Vilnius en Lituanie. Elle permettait à un utilisateur européen de déposer des euros par virement ou par carte, puis de recevoir l’équivalent en crypto-actifs sur son compte Binance.
Voilà pour la définition. Le reste demande un peu plus de nuance, parce que Bifinity n’a jamais été une marque grand public. Vous ne trouverez pas de site bifinity.com avec un bouton « S’inscrire ». L’outil travaillait en coulisses.
Biofinity ou Bifinity : ne confondez pas
La confusion est massive, et elle explique une bonne partie du trafic qui arrive sur ce mot-clé.
Biofinity (avec un O) est une gamme de lentilles de contact mensuelles fabriquées par CooperVision, en silicone hydrogel Comfilcon A. Elle se vend chez les opticiens et sur les sites de lentilles. Rien à voir avec la finance.
Bifinity (avec un I) est la filiale de paiement de Binance. Un seul caractère les sépare, et Google a tranché : sur la requête nue, les pages lentilles dominent la première page française.
Conséquence pratique : si vous cherchiez des lentilles, refermez cet onglet. Si vous cherchiez la société de Binance, vous êtes au bon endroit, et vous n’êtes probablement pas le seul à avoir été mal aiguillé.
À quoi servait Bifinity concrètement
Bifinity occupait une place précise dans la chaîne : celle du tuyau réglementé entre l’argent bancaire et les crypto-actifs.
Trois fonctions principales.
- Collecte des dépôts fiat. Un virement SEPA émis vers Binance n’arrivait pas chez Binance Global. Il arrivait chez Bifinity, qui créditait ensuite le compte de l’utilisateur. Le nom apparaissait parfois sur les relevés bancaires, ce qui a généré pas mal d’inquiétudes chez les clients.
- Traitement des retraits. Même logique dans l’autre sens : Bifinity émettait le virement vers votre banque après conversion.
- Passerelle pour commerçants. Une API permettait à des sites marchands d’accepter des paiements en crypto et de recevoir des euros. C’est la brique revendue sous le nom de Binance Connect.
Binance a mis en avant deux partenaires pour l’infrastructure : Checkout.com et Paysafe, tous deux basés à Londres. L’objectif affiché par Helen Hai, présidente de Bifinity à l’époque, était d’accélérer l’adoption en réduisant la friction du premier achat.
Un détail que peu de guides relèvent : Bifinity n’a jamais détenu de licence bancaire. Elle opérait comme prestataire de services de paiement et de monnaie électronique dans le cadre lituanien, ce qui limitait strictement ce qu’elle pouvait faire des fonds clients.
Bifinity, Binance Connect, Binance Pay : qui fait quoi
Trois noms circulent, souvent confondus. Ils ne recouvrent pas le même périmètre.
| Nom | Cible | Statut en 2026 |
|---|---|---|
| Bifinity (UAB) | Utilisateurs Binance en EEE | Arrêté le 31 décembre 2025 |
| Binance Connect | Sites marchands, paiement crypto | Arrêté le 16 août 2024, puis relancé comme passerelle Web3 |
| Binance Pay | Particuliers, paiements entre portefeuilles | Actif |
Autrement dit : Bifinity était l’infrastructure de trésorerie, Binance Connect le produit marchand, Binance Pay le portefeuille du quotidien. Un même utilisateur pouvait croiser les trois sans jamais voir la frontière.
Combien ça coûtait réellement
Bifinity ne publiait pas de grille tarifaire. Normal : c’était un fournisseur B2B, pas un service vendu directement.
Le coût apparaissait donc ailleurs, fondu dans le prix affiché.
- Virement SEPA. Généralement gratuit ou facturé quelques centimes côté Binance, avec un délai d’un à deux jours ouvrés.
- Carte bancaire. Le dépôt par carte Visa ou Mastercard en euros était facturé autour de 1,8 % chez Binance, un tarif à revérifier sur la page frais actuelle, car il bouge.
- Conversion. Une marge est prélevée sur le taux appliqué, jamais affichée comme une ligne « frais ». C’est là que se logent les écarts les plus importants entre plateformes.
Le vrai coût de Bifinity n’était donc pas une commission visible. C’était le spread, plus le risque de contrepartie lié au fait que vos euros transitaient par une entité de taille moyenne, dans un pays où Binance n’avait pas bonne presse auprès du régulateur.
Le dossier lituanien, et la fin
L’histoire de Bifinity est aussi une histoire de régulateurs. Elle mérite d’être posée dans l’ordre, parce que la plupart des articles francophones datent de 2022 et n’ont jamais été mis à jour.
- 2021. La Banque de Lituanie adresse un avertissement à Binance : l’activité exercée localement n’est pas couverte par un agrément.
- 7 mars 2022. Binance annonce Bifinity, avec une société fraîchement immatriculée à Vilnius. Le message implicite : on rentre dans le cadre.
- Mars 2022. Bifinity consent un prêt convertible de 36 millions de dollars à Eqonex, un exchange coté à Londres dont la filiale de conservation Digivault est enregistrée auprès de la FCA. Le gendarme financier britannique exprime publiquement ses réserves sur le montage.
- 2023. La marque commerçants bascule vers Binance Connect, relancée avec environ 300 crypto-actifs.
- 16 août 2024. Binance arrête Binance Connect, invoquant l’évolution des besoins du marché.
- 14 décembre 2025. Binance notifie l’arrêt des services fiat de Bifinity UAB au 31 décembre, en raison des changements législatifs applicables à l’entité.
- Juin 2026. Bifinity UAB quitte la Lituanie, faute de licence MiCA, alors que le régime transitoire national s’est éteint le 31 décembre 2025.
Le fil rouge : MiCA. Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs, applicable depuis le 30 décembre 2024, impose un agrément spécifique pour les services sur crypto-actifs. Une structure de paiement adossée à un groupe non agréé ne suffit plus. Bifinity UAB n’a pas obtenu ce sésame.
Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
Les guides existants racontent le lancement de 2022 et s’arrêtent là. Deux choses manquent systématiquement, et ce sont elles qui comptent aujourd’hui.
Premièrement, une chronologie à jour. La séquence ci-dessus, avec l’arrêt effectif au 31 décembre 2025 et le retrait lituanien de juin 2026, n’existe dans aucune des pages qui rankent sur le mot-clé. Elles sont toutes antérieures à la fermeture.
Deuxièmement, une méthode pour évaluer un on-ramp. C’est ce que j’appelle le test des trois questions. Il tient en une minute et il aurait évité bien des déconvenues.
- Qui détient mes fonds, juridiquement ? Si la réponse n’est pas une entité agréée dans votre pays, le reste n’a pas d’importance.
- Par quel canal l’argent circule-t-il ? Un virement SEPA vers un IBAN identifié vaut mieux qu’un paiement par carte vers un agrégateur anonyme.
- Que se passe-t-il si l’entité ferme demain ? Un prestataire sérieux publie à l’avance la liste des repreneurs et le sort des soldes. Bifinity l’a fait en décembre 2025, en désignant des prestataires réglementés de remplacement selon le pays et la devise. C’est le seul point sur lequel l’entité a été propre.
Ce test ne dit pas si une plateforme est sûre. Il dit si elle est structurée. Nuance importante.
À retenir
Bifinity n’existe plus comme service de paiement, mais la question qu’elle pose reste ouverte pour chaque plateforme crypto.
- Vérifiez l’entité qui détient vos euros, pas la marque qui vous accueille.
- Un dépôt par carte coûte plus cher qu’un virement, sans être plus sûr.
- L’arrêt d’un prestataire n’entraîne pas la perte des fonds si la transition est annoncée et encadrée.
Faut-il encore utiliser Bifinity en 2026 ?
Non. Il n’y a plus rien à utiliser.
Si vous voyez encore « Bifinity » sur un relevé bancaire en 2026, trois explications possibles : une opération ancienne, un libellé résiduel chez votre banque, ou une tentative d’usurpation. Dans le dernier cas, contactez votre banque sans attendre.
Pour déposer des euros sur Binance depuis la France, le flux passe désormais par d’autres prestataires agréés, avec des IBAN qui varient selon la devise et le pays. Le principe reste identique : un virement nominatif, un délai bancaire, une conversion.
Et si l’idée est d’acheter des crypto-actifs pour la première fois, la question du courtier compte plus que celle du tuyau. Un comparatif comme notre test de BiFinance aide à repérer les plateformes qui promettent des rendements sans expliquer d’où ils viennent. Même prudence du côté des placements participatifs : notre analyse du courtage et du crowdlending chez Belend montre à quel point la solidité de l’entité juridique change tout.
Questions fréquentes
Bifinity existe-t-il encore en 2026 ?
La marque subsiste dans les archives et sur d’anciens relevés, mais le service est arrêté. Bifinity UAB a cessé de fournir des services fiat aux utilisateurs de Binance le 31 décembre 2025, à la suite des changements réglementaires liés à MiCA. L’entité a ensuite quitté la Lituanie en juin 2026.
Bifinity est-il fiable ?
La question n’a plus d’objet pratique, l’entité étant fermée. Sur le principe, Bifinity UAB opérait comme prestataire de paiement sous supervision lituanienne, sans agrément crypto-actifs complet. C’est précisément ce qui a provoqué son arrêt : MiCA exige une autorisation dédiée que l’entité n’a pas obtenue.
Quelle différence entre Bifinity et Binance Connect ?
Bifinity était l’infrastructure de paiement interne, destinée aux utilisateurs de la plateforme Binance en Espace économique européen. Binance Connect était le produit tourné vers les commerçants qui voulaient accepter des paiements crypto. Le second a été arrêté le 16 août 2024, avant une relance sous forme de passerelle Web3.
Que sont devenus les fonds des utilisateurs ?
Binance a indiqué que les soldes fiat restaient accessibles et que des prestataires réglementés de remplacement avaient été désignés selon le pays et la devise. En pratique, les dépôts et retraits en euros ont continué via d’autres entités. Aucune perte de fonds liée à cette transition n’a été documentée publiquement.
Pourquoi le nom Bifinity renvoie-t-il à des lentilles ?
Parce que Biofinity, gamme de lentilles mensuelles de CooperVision, s’écrit presque pareil et dispose d’une forte présence commerciale en ligne. Sur la requête nue, Google privilégie l’optique. La présente page traite de la société de paiement, pas des lentilles.
Conclusion
Bifinity aura duré moins de quatre ans. Le temps de montrer que Binance savait construire une infrastructure de paiement, et de confirmer qu’elle ne savait pas, ou ne voulait pas, la loger dans un cadre européen stable.
La leçon dépasse le cas d’espèce. Quand vous confiez des euros à une plateforme, regardez l’entité qui les reçoit, l’agrément dont elle dispose et ce qu’elle publie sur l’après. Le nom commercial, lui, ne protège personne.
Vous voulez la même grille de lecture appliquée à d’autres services crypto ? Notre dossier sur les plateformes d’échange et leurs promesses de rendement se lit en dix minutes, et il évite quelques mauvaises surprises.



