Une caisse Bimedia ne s’installe pas comme une application qu’on télécharge un dimanche soir. Le logiciel arrive avec un référentiel de produits, quatre ou cinq taux de TVA, des prix imposés et un contrat de maintenance. C’est ce contexte qui décide si l’outil vous fait gagner du temps ou vous en coûte.
Réponse courte : la caisse Bimedia est le logiciel d’encaissement édité par Orisha Retail Shops, certifié NF525, conçu pour les commerces de proximité multi-activités. Tabac, presse, librairie, bar, restauration, boulangerie. Elle tourne sur terminal tactile, continue d’encaisser sans Internet et se pilote à distance depuis une application mobile.
Ce guide ne revient pas sur les tarifs, traités dans notre article sur le prix et le contrat du logiciel de caisse Bimedia. Il couvre le versant que les fiches produit passent sous silence : le paramétrage initial, la bascule depuis un ancien système, la panne réseau, la clôture de caisse.
Mis à jour en novembre 2026.
Sommaire
- Qu’est-ce que la caisse Bimedia en 2026 ?
- Ce que la caisse gère au comptoir, métier par métier
- De quoi la caisse a besoin pour tourner
- Combien de temps prend la mise en service ?
- Mode hors ligne : ce qui se passe quand Internet tombe
- Clôture, contrôle Z et écarts de caisse
- Migrer d’un ancien système vers Bimedia
- Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
- Questions fréquentes
Points clés
- La caisse Bimedia est un logiciel NF525, pas un matériel : le terminal, l’imprimante et le tiroir-caisse se choisissent à part.
- Le gros du travail se joue au paramétrage, pas à l’encaissement. Comptez 2 à 5 jours selon le nombre de références.
- Le mode hors ligne existe, mais il ne remplace pas une sauvegarde. Une caisse locale reste une caisse locale.
- Quatre points décident de la réussite d’une mise en service : prix imposés, coupure réseau, clôture, réversibilité des données.
- Migrer depuis une vieille caisse impose de tester l’export avant de signer, jamais après.
Lecture : ~8 min
Qu’est-ce que la caisse Bimedia en 2026 ?
Bimedia est une marque française d’informatique de caisse née dans le monde de la presse. DL Software l’a rachetée en 2022. Le 19 octobre 2023, Bimedia et Devlyx ont été réunies sous la bannière Orisha Retail Shops, comme l’a rapporté La Revue des Tabacs. Le nom Bimedia reste utilisé pour la gamme logicielle, dont Bimedia Office.
Derrière le nom, un logiciel d’encaissement certifié NF525. La certification n’est pas un logo décoratif. L’article 286-I-3° bis du Code général des impôts impose depuis le 1er janvier 2018 un système de caisse satisfaisant à quatre conditions : inaltérabilité, sécurisation, conservation et archivage des données. L’amende prévue à l’article 1770 duodecies du CGI atteint 7 500 € par logiciel non conforme, avec 60 jours pour régulariser.
Orisha Retail Shops annonce plus de 6 000 points de vente équipés en France. Le chiffre vient de l’éditeur, donc à prendre pour ce qu’il est : un argument commercial, pas un audit.
Ce que ça change pour vous : la caisse n’est pas un produit qu’on compare sur une fiche technique. C’est un système dont dépendent votre comptabilité, vos stocks et votre chiffre d’affaires déclaré.
Ce que la caisse gère au comptoir, métier par métier
La force de Bimedia, c’est la multi-activité dans un seul outil. Un tabac-presse qui vend aussi des livres et du café n’a pas trois caisses, mais une seule avec plusieurs rayons.
Voici ce que l’outil couvre concrètement.
- Presse : encaissement au prix imprimé sur la couverture, recherche d’une parution en stock, gestion des invendus et des retours.
- Tabac : référentiel des produits, prix fixés par arrêté, suivi des sorties et des stocks réglementés.
- Librairie : prix unique du livre, remise détaillant calculée à part de l’encaissement.
- Bar et restauration : plan de salle, envoi en cuisine, addition fractionnée, pourboires.
- Boulangerie et vente au détail : vente au poids, produits composés, étiquettes.
- Services dématérialisés : recharges, transferts d’argent, titres et prestations tierces intégrés au ticket.
Cette diversité a un revers. Chaque rayon ajoute son propre paramétrage. Un point de vente qui empile six activités sans former ses équipes se retrouve avec des erreurs d’affectation dès la première semaine.
De quoi la caisse a besoin pour tourner
Le logiciel ne suffit pas. Il faut du matériel, un réseau et des périphériques cohérents avec le débit du magasin.
| Élément | Indispensable | À vérifier avant l’achat |
|---|---|---|
| Terminal tactile | Oui | Taille d’écran, fixation au comptoir, luminosité |
| Imprimante tickets | Oui | Rouleau, vitesse, découpe automatique |
| Tiroir-caisse | Oui en espèces | Ouverture automatique, serrure, tiroir à billets |
| Douchette code-barres | Selon activité | Lecture des codes presse et des EAN13 |
| Second écran client | Non | Affichage du total, des remises, des services |
| Onduleur | Fortement conseillé | Tenue pendant une coupure de courant |
L’onduleur, absent de la plupart des devis, coûte moins cher qu’une journée de ventes à reconstituer après une coupure.
Le nombre de postes se décide maintenant, pas six mois après l’ouverture.
Combien de temps prend la mise en service ?
Comptez deux à cinq jours ouvrés entre la livraison et le premier encaissement serein. La fourchette dépend de trois variables : le nombre de références, le nombre de taux de TVA et le nombre de postes.
800 références à un seul taux : une journée. 3 000 références avec presse, tabac, librairie et services : plutôt quatre jours, formation comprise.
Le piège classique : le paramétrage est fait à la va-vite le jour de l’installation, puis jamais repris. Résultat, des familles de produits mélangées et des statistiques de vente inexploitables pendant des mois. Mieux vaut bloquer une demi-journée de plus au départ que trois soirées de correction en fin de trimestre.
Mode hors ligne : ce qui se passe quand Internet tombe
La caisse Bimedia fonctionne en mode hors ligne. Les ventes continuent d’être enregistrées localement, puis se synchronisent au retour de la connexion. C’est le comportement attendu d’un logiciel certifié : la loi anti-fraude TVA impose que l’encaissement ne dépende pas d’une liaison réseau.
Reste à savoir ce que « hors ligne » couvre chez vous.
| Situation | Ce qui se passe | Ce que vous devez faire |
|---|---|---|
| Coupure Internet, 2 heures | Encaissement normal, données stockées localement | Noter l’heure de coupure sur le cahier de caisse |
| Coupure Internet, 2 jours | Encaissement toujours possible | Vérifier la synchronisation dès le retour |
| Coupure électrique | Plus rien ne tourne sans onduleur | Compter la caisse en mode manuel, ressaisir après |
| Panne du terminal | Encaissement impossible | Avoir une procédure de secours écrite |
Ce tableau paraît anodin. Il ne l’est pas. La plupart des incidents de caisse ne viennent pas du logiciel, mais d’une procédure de secours que personne n’a répétée.
Clôture, contrôle Z et écarts de caisse
La clôture quotidienne est le moment où la caisse rend des comptes. Elle produit un ticket Z, récapitulatif des ventes par taux de TVA et par mode de paiement. Ce document n’est pas décoratif : il sert de base au rapprochement comptable et peut être demandé lors d’un contrôle.
Trois chiffres à surveiller chaque soir.
- L’écart entre le comptage physique et le total espèces déclaré.
- La répartition des modes de paiement, carte, espèces, titres restaurant.
- Le total par taux de TVA, qui doit correspondre aux familles de produits.
Un écart de 3 € par jour sur une année représente plus de 1 000 €. Ce n’est pas une question d’honnêteté des équipes, c’est une question de procédure : qui compte, à quelle heure, avec quel témoin.
Migrer d’un ancien système vers Bimedia
La migration est la phase la plus sous-estimée. Deux choses doivent survivre au changement : l’historique des ventes et le fichier produits.
Demandez trois éléments avant de signer.
- Un export complet de vos données actuelles, au format exploitable, pas un PDF.
- Un test de reprise sur un échantillon de 100 produits, avec vérification des prix et des TVA.
- Une date de bascule qui ne tombe pas un jour de forte affluence.
Le troisième point semble évident. Il est pourtant régulièrement ignoré : la date est fixée par le planning du technicien, pas par celui du commerçant.
Comptablement, une caisse neuve relève de l’investissement, l’abonnement et la maintenance de l’exploitation. Cette distinction change votre résultat, comme nous l’expliquons dans le guide sur la différence entre capex et opex.
Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
Les comparatifs de caisses listent des fonctionnalités. Ils ne disent presque jamais ce qui fait échouer une installation. Voici les quatre verrous, ceux que nous vérifions systématiquement avant de recommander un système d’encaissement.
Verrou 1, les prix imposés. Presse, tabac et livre ne se vendent pas au prix que vous décidez. La caisse doit encaisser au prix imposé et calculer la remise à part. Un logiciel généraliste qui force la saisie manuelle du prix vous fera perdre dix minutes par jour.
Verrou 2, la coupure réseau. Testez le mode hors ligne avant la mise en service, pas pendant. Débranchez le câble, encaissez cinq tickets, rebranchez, vérifiez que tout remonte.
Verrou 3, la clôture. Demandez à voir un ticket Z avant de signer. S’il n’est pas lisible par votre comptable, le reste n’a pas d’importance.
Verrou 4, la réversibilité. Posez la question par écrit : « si je pars dans deux ans, sous quel format et sous quel délai je récupère mes données ? » Une réponse floue est une réponse.
Ces quatre verrous forment ce qu’on peut appeler le test des 4 R : prix Réglementés, Réseau, Récapitulatif, Réversibilité. Un système qui échoue sur un seul de ces points vous coûtera plus cher que la différence de prix entre deux offres.
À retenir
La caisse Bimedia est solide sur son terrain, le commerce de proximité multi-activités. Sa difficulté n’est pas technique, elle est organisationnelle.
- Écrivez votre procédure de secours avant l’installation, pas après le premier incident.
- Testez la coupure réseau et le ticket Z en conditions réelles.
- Exigez l’export de vos données par écrit, avec un format et un délai.
Questions fréquentes
La caisse Bimedia fonctionne-t-elle sans connexion Internet ?
Oui. Le logiciel enregistre les ventes en local et les synchronise au retour du réseau, ce qui respecte l’obligation d’inaltérabilité prévue par l’article 286-I-3° bis du CGI. Prévoyez un onduleur : une coupure électrique, elle, arrête tout.
La caisse Bimedia est-elle certifiée NF525 ?
Oui, l’éditeur annonce une certification NF525 pour sa gamme d’encaissement. Demandez l’attestation au moment de la commande. Sans elle, l’amende de l’article 1770 duodecies du CGI atteint 7 500 € par logiciel non conforme.
Combien de postes peut-on raccorder sur une même caisse Bimedia ?
Le nombre dépend de la configuration et du réseau local, pas d’une limite théorique unique. Deux ou trois postes sont courants. Au-delà, faites chiffrer avant de commander : le partage de base et le matériel changent.
Peut-on récupérer ses données en changeant de logiciel de caisse ?
Cela dépend du contrat, pas du logiciel. Exigez une clause écrite précisant le format d’export, la fréquence et le délai de mise à disposition. Un éditeur sérieux fournit un export structuré. Un export PDF ne sert à rien pour migrer.
Faut-il acheter le matériel chez l’éditeur ?
Non, mais c’est souvent plus simple. Le terminal et l’imprimante peuvent venir d’un autre fournisseur si les pilotes sont compatibles. L’avantage du matériel fourni par l’éditeur reste le support unique en cas de panne.
Alors, la caisse Bimedia vaut-elle le paramétrage ?
Pour un tabac-presse, une librairie ou un commerce qui mélange plusieurs activités réglementées, oui. Le logiciel connaît les contraintes du métier, ce qu’aucune caisse généraliste ne fera sans développement.
Pour un commerce à activité unique et simple, la question se pose autrement. Le temps de paramétrage et le contrat de maintenance pèsent plus lourd qu’un outil plus léger.
La vraie décision ne se joue pas sur la démo. Elle se joue sur trois questions posées au commercial : montrez-moi un ticket Z, montrez-moi l’export de mes données, et que se passe-t-il si le réseau tombe demain matin. Trois réponses claires, vous pouvez avancer. Sinon, vous avez gagné du temps.
Pour la conformité des systèmes d’encaissement et la facturation, notre dossier sur la facturation électronique détaille les obligations qui arrivent en 2026.



