- Qu’est-ce que Bimedia ?
- Que gère le logiciel au quotidien ?
- Combien coûte Bimedia en 2026 ?
- Bimedia et la certification NF525
- Le portail client
- Ce que les comparatifs ne disent pas
- Bimedia face aux alternatives
- Questions fréquentes
- Alors, Bimedia ou pas ?
Un buraliste qui tape « bimedia » dans Google ne cherche pas une définition. Il a un devis sur son comptoir, ou une caisse qui plante un samedi matin, et il veut savoir à qui il a affaire. La réponse courte tient en trois lignes.
Bimedia est un logiciel de caisse et de gestion édité en France depuis 2002, certifié NF525, conçu pour les tabac-presse, librairies et commerces de proximité. L’éditeur appartient depuis 2022 au groupe DL Software et ses solutions sont vendues sous la marque Orisha Retail Shops depuis octobre 2023. Aucun tarif n’est public : tout passe par un devis.
Le reste mérite qu’on s’y attarde. Parce que la fiche produit vante 250 services digitaux, et que ce n’est pas ça qui décide si votre commerce y gagne. Ce qui décide, c’est la facture sur 48 mois et la facilité à en sortir.
Mis à jour en novembre 2026.
Points clés
- Bimedia n’est plus un éditeur indépendant : c’est une marque d’Orisha Retail Shops, filiale de DL Software, lui-même détenu par le fonds américain TA Associates.
- L’éditeur annonce 7 800 commerces équipés et 20 000 terminaux en service (chiffres publiés en 2026).
- Le prix n’est jamais affiché. Les devis relevés par les comparateurs tournent autour de 50 à 120 € par mois pour le logiciel, matériel en plus.
- Depuis février 2026, l’attestation de l’éditeur redevient un justificatif valable. Sans preuve de conformité, l’amende est de 7 500 € par logiciel.
- Le vrai point de vigilance est contractuel : matériel propriétaire, engagement pluriannuel, sortie coûteuse.
Lecture : ~7 min
Qu’est-ce que Bimedia ?
Bimedia est un éditeur de logiciels d’encaissement et de gestion pour les commerces de proximité. Créé en 2002, basé en Vendée, il s’est construit sur un métier précis : le point de vente qui vend du tabac, de la presse, des jeux et des services, souvent dans le même mètre carré.
Les fiches produit s’arrêtent là. L’historique actionnarial, lui, explique beaucoup de choses.
| Date | Événement | Source |
|---|---|---|
| 25 novembre 2019 | La FDJ signe un contrat d’acquisition de Bimedia | Le Monde du Tabac, 2020 |
| 7 août 2020 | L’Autorité de la concurrence rend une décision d’inapplicabilité, le projet FDJ s’arrête | Autorité de la concurrence |
| 25 avril 2022 | Feu vert au rachat par DL Software, avec constat d’un « quasi-duopole » face à Logista | Décision ADLC, reprise par ZDNet |
| 26 octobre 2023 | Bimedia et Devlyx passent sous la marque unique Orisha Retail Shops | La Revue des Tabacs |
Ce tableau change la lecture du devis. En face de vous, il n’y a pas un petit éditeur régional avec qui négocier. Il y a un groupe qui détient aussi Devlyx, et qui fait face à un seul concurrent sérieux sur ce marché, Logista et ses terminaux Strator. Deux familles de solutions pour 15 000 points de vente environ, ça laisse peu de marge de manœuvre au moment de discuter le prix.
L’éditeur revendique 95 % de clients satisfaits, 20 ans d’expertise et une assistance 7 jours sur 7. Ces chiffres viennent de sa communication, pas d’un tiers indépendant. À prendre comme tels.
Que gère le logiciel au quotidien ?
La vraie force de Bimedia n’est pas l’encaissement. C’est le raccordement aux bases métier qui alimentent un tabac-presse : Logista pour la presse, la FDJ pour les jeux. Un éditeur généraliste ne sait pas faire ça, et c’est précisément ce qui retient les buralistes chez lui.
| Activité | Ce que le logiciel prend en charge |
|---|---|
| Presse | Pointage des bons de livraison, bordereaux d’invendus calculés jusqu’à 3 jours à l’avance, alerte sur les BL non validés à la clôture, presse étrangère |
| Tabac et vape | Tarifs synchronisés automatiquement, gestion au carton avec arrondi, prise en compte des BCA, scan des cartouches |
| Jeux | Ventes FDJ et PMU depuis l’écran de caisse, sans terminal séparé |
| Services | Recharges, transfert d’argent, colis, billetterie : plus de 250 offres intégrées |
| Multi-activités | Modules librairie, bar, restaurant, boulangerie, fleuriste activables sur la même caisse |
Le calcul des invendus presse est le point qui fait gagner du temps. Un marchand de presse qui traite ses BI à la main y passe une heure par jour, souvent plus. Automatiser ce calcul, c’est récupérer une demi-journée par semaine.
Le revers : tout est pensé pour ce métier, et rien n’est prévu pour en sortir. La compatibilité matérielle est fermée. Vous n’installez pas ce logiciel sur le PC du coin.
Combien coûte Bimedia en 2026 ?
Aucun tarif n’est publié. C’est un choix assumé de l’éditeur, et une gêne réelle pour comparer. Les fourchettes ci-dessous viennent des devis collectés par les comparateurs spécialisés (Likeo, 2026), pas d’une grille officielle.
| Poste | Fourchette constatée |
|---|---|
| Abonnement logiciel | 50 à 120 € par mois selon les modules |
| Terminal et périphériques | 800 à 2 500 € selon la configuration |
| Installation et formation | 200 à 500 € |
| Maintenance et support | Inclus ou facturé en option |
Deux modèles coexistent : l’achat du matériel avec abonnement logiciel, ou la location complète. Le second pèse moins au démarrage et beaucoup plus au bout de quatre ans. Pour arbitrer, posez le calcul en CAPEX et OPEX avant de signer, pas après.
Ce qui fait grimper la note, dans l’ordre : le nombre de caisses, les modules métier activés (chaque activité a son supplément), et le niveau de service. Un tabac-presse à deux caisses avec presse, jeux et vape arrive rarement sous 150 € par mois tout compris.
Une question à poser systématiquement : le matériel m’appartient-il au bout du contrat ? Si la réponse est non, vous payez un loyer à vie.
Bimedia et la certification NF525
La règle a bougé deux fois en deux ans, et peu de pages produit l’ont intégré.
Depuis le 1er janvier 2018, tout assujetti à la TVA qui encaisse avec un logiciel doit utiliser un système garantissant l’inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l’archivage des données (article 286, I, 3° bis du CGI). La loi de finances pour 2025 a supprimé l’attestation de l’éditeur. Celle pour 2026 l’a rétablie, applicable depuis le 21 février 2026, avec une précision du BOFiP le 25 mars 2026 : un document prérempli par l’éditeur suffit si vous y ajoutez votre identité et la date d’achat.
Bimedia est certifié NF525. Demandez quand même le justificatif au moment de la commande et classez-le. L’amende pour un logiciel non justifié est de 7 500 € par logiciel, et c’est au commerçant de prouver sa conformité, pas à l’éditeur. Le sujet recoupe d’ailleurs celui de la facturation électronique 2026 : dans les deux cas, c’est le document que vous conservez qui vous protège.
Le portail client
Le portail web sert à piloter la boutique à distance : chiffre d’affaires du jour, stocks, marges, rapports, et accès limité pour le comptable. Utile quand on gère deux points de vente ou qu’on veut vérifier une clôture depuis chez soi.
C’est aussi la première source de friction. Identifiants perdus, interface qui tourne en rond, écran de connexion qui ne répond pas : les demandes d’aide sur le portail reviennent aussi souvent que les questions de prix. Rien d’anormal pour un outil installé en local et synchronisé, mais prévoyez qui appellera la hotline un dimanche.
Ce que les comparatifs ne disent pas
Les comparatifs alignent des cases : encaissement, stocks, fidélité, comptabilité. Tous les logiciels de caisse ont ces cases. Ce qui se joue vraiment se trouve dans le contrat, et personne ne le lit avant la démo.
Voici les cinq verrous à vérifier, dans l’ordre où ils coûtent cher.
- Le matériel. Terminal propriétaire, compatibilité fermée. Changer de logiciel en gardant la caisse est impossible, et changer de caisse en gardant le logiciel aussi.
- La durée. Les contrats de ce marché courent sur plusieurs années avec reconduction. La sortie anticipée se solde par les loyers restants dus.
- Les services intégrés. Les 250 offres digitales rapportent des commissions, pas de la marge sur vos ventes. Si vous n’en vendez pas, vous payez quand même l’infrastructure.
- L’export comptable. Il existe, en CSV, TXT ou format dédié. Vérifiez le format accepté par votre expert-comptable avant de signer, pas au premier bilan.
- Le support. 7 jours sur 7 annoncé. Les avis négatifs publiés sur Capterra et sur les comparateurs portent presque tous sur deux points : l’attente téléphonique et la résiliation.
Le test que je conseille : demandez le contrat type avant la démonstration commerciale. Un vendeur qui refuse de l’envoyer avant la démo vous a déjà donné sa réponse.
À retenir
Bimedia est un bon outil métier prisonnier d’un contrat difficile à quitter.
- Faites chiffrer le coût total sur 48 mois, matériel et modules inclus, pas le seul abonnement mensuel.
- Exigez le contrat type, la durée, la clause de sortie et la propriété du matériel par écrit.
- Demandez l’attestation ou le certificat de conformité NF525 le jour de la commande.
Bimedia face aux alternatives
Sur le tabac-presse, l’alternative réelle s’appelle Strator, édité par Logista, le distributeur de presse. C’est le concurrent historique, et l’Autorité de la concurrence a explicitement qualifié le marché de quasi-duopole entre les deux en 2022. Devlyx existe aussi, mais appartient au même groupe : ce n’est pas une porte de sortie.
Les caisses généralistes (Tactill, Tiller, Zettle, et les offres des banques) sont moins chères et plus souples. Elles ne gèrent ni les invendus presse, ni les tarifs tabac, ni les jeux FDJ. Pour une boutique de vêtements, très bien. Pour un tabac-presse, il faudra tout ressaisir à la main.
Vous arbitrez donc entre deux groupes, pas entre dix éditeurs. Ce n’est pas une raison pour signer le premier devis venu.
Questions fréquentes
Bimedia est-il gratuit ?
Non. Le logiciel fonctionne par abonnement, avec un matériel vendu ou loué en plus. Aucun tarif n’est affiché publiquement, ce qui empêche toute comparaison directe sans passer par un devis.
Quel est le prix d’une caisse Bimedia ?
Les devis constatés vont de 50 à 120 € par mois pour le logiciel, auxquels s’ajoutent 800 à 2 500 € de matériel selon la configuration. Un tabac-presse multi-activités dépasse souvent 150 € par mois tout compris.
Bimedia est-il certifié NF525 ?
Oui, l’éditeur revendique la certification NF525. Depuis le 21 février 2026, l’attestation individuelle de l’éditeur redevient un justificatif valable, au même titre qu’un certificat délivré par un organisme accrédité.
Peut-on exporter les écritures de caisse vers son comptable ?
Oui, depuis le module comptabilité du logiciel, en CSV, TXT ou dans un format dédié. Les journaux sont ventilés par mode de paiement et par famille de produits. Faites confirmer le format par votre expert-comptable avant l’installation.
Peut-on résilier un contrat Bimedia ?
Tout dépend de la clause de durée. Les témoignages publiés font état de difficultés réelles à sortir avant le terme, avec solde des loyers restants. La seule protection efficace consiste à négocier la clause de résiliation avant la signature.
Alors, Bimedia ou pas ?
Pour un tabac-presse qui veut arrêter de pointer ses invendus à la main et vendre des jeux sans terminal supplémentaire, Bimedia fait le travail. L’intégration Logista et FDJ n’a pas d’équivalent chez les généralistes, et c’est un argument qui pèse tous les matins à 6 h 30.
Pour un commerce de proximité qui vit de l’épicerie ou de la restauration, la réponse est plus nuancée. Vous payez une spécialisation dont vous n’usez pas, sur un matériel que vous ne pourrez pas réutiliser.
Dans les deux cas, la décision se prend sur le contrat, pas sur la démo. Demandez deux devis, un de chaque famille, et comparez le total sur quatre ans. La différence de prix mensuel cache souvent un écart bien plus large sur la durée.



