Sommaire
- Arkevi, Arkevia, MyArkevia : trois noms, un seul service
- Pourquoi la recherche « arkevi » part dans tous les sens
- Un coffre-fort numérique, c’est quoi au sens de la loi ?
- Arkevia en pratique : qui paie, qui voit quoi
- Les 5 garanties du L.103 appliquées à Arkevia
- Récupérer l’accès : la séquence qui marche
- Arkevia et Leroy Merlin : d’où sort cette histoire
- Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
- Questions fréquentes
Vous avez tapé « arkevi » dans Google en cherchant votre fiche de paie, et vous êtes tombé sur un méchant de Transformers, une société suisse et un compte GitHub vide. Rien d’anormal. Le service que vous cherchez ne porte pas ce nom.
Il s’appelle Arkevia. C’est un coffre-fort numérique RH édité par Cegedim SRH, filiale du groupe Cegedim, et vous y entrez par le portail MyArkevia, à l’adresse myarkevia.com. Le mot « arkevi » est une faute de frappe, une abréviation orale, ou la reprise mécanique de contenus qui décrivent Arkevia sous un nom qui n’existe pas commercialement.
Ce guide fait le tri. Vous allez voir ce que chaque nom recouvre, pourquoi la recherche part dans tous les sens, ce que la loi française exige d’un vrai coffre-fort numérique, et comment remettre la main sur vos bulletins sans donner vos identifiants à un site douteux.
Mis à jour en octobre 2026.
Points clés
- Aucune société française ne vend de coffre-fort numérique sous le nom « Arkevi ». Le service réel s’appelle Arkevia.
- Un compte Arkevia ne se crée pas librement : l’invitation vient de l’employeur, jamais d’une inscription publique.
- La conservation 50 ans découle du droit du travail (décret n° 2016-1762), pas du RGPD. Les pages qui écrivent « 50 ans, norme RGPD » se trompent.
- La moitié des résultats affichés sur ce sujet sont générés automatiquement et racontent n’importe quoi, y compris un Arkevia « gamme de cuisines Leroy Merlin ».
Lecture : ~12 min
Arkevi, Arkevia, MyArkevia : trois noms, un seul service
Quatre entités se disputent le mot, et une seule vous concerne. Le tableau ci-dessous règle la question en dix secondes.
| Nom | Nature exacte | Ce que ça change pour vous |
|---|---|---|
| Arkevi | Aucun coffre-fort numérique français sous ce nom | Variante orthographique d’Arkevia, sans existence commerciale |
| Arkevia | Le coffre-fort numérique RH édité par Cegedim SRH | C’est le service qui stocke vos bulletins de paie |
| MyArkevia | Le portail web de connexion | L’adresse à retenir : myarkevia.com |
| Arkevi SA | Société suisse domiciliée à Chiasso (Tessin) | Aucun rapport avec vos fiches de paie |
Techniquement, Arkevia désigne la solution complète : le coffre, les protocoles d’archivage, l’infrastructure. MyArkevia est la porte d’entrée, celle que vous voyez. Votre employeur achète Arkevia, vous utilisez MyArkevia.
Vous n’êtes donc jamais client d’Arkevia. Vous êtes salarié d’une entreprise qui a signé un contrat avec Cegedim SRH. Ça explique l’essentiel des blocages, à commencer par l’impossibilité de créer un compte seul.
Pourquoi la recherche « arkevi » part dans tous les sens
Tapez le mot dans un moteur et vous obtenez Arkeville, la ville fictive de la série Transformers. Puis Arkevi SA, une société immatriculée à Chiasso. Puis un profil GitHub sans dépôt public. Puis, quelque part en page deux, un nom de peuple dans d’anciennes traductions du livre d’Esdras.
Ce n’est pas un bug. « Arkevi » n’appartient à personne. Quand un terme n’a pas de propriétaire clair, le moteur sert ce qu’il trouve de plus proche, et le résultat n’a aucune cohérence.
Le vrai problème arrive ensuite. Des sites entiers ont été produits pour capter cette requête. Ils décrivent une prétendue « plateforme Arkevi » et citent des chiffres inventés : une PME nommée « Atelier Delta » aurait réduit de 40 % son temps administratif. Aucune source, aucune trace de cette entreprise. Plus loin, le même type de page fait d’Arkevia la gamme de cuisines de Leroy Merlin.
Ces textes sont générés à la chaîne. Ils se citent entre eux, ce qui fabrique un faux consensus. Un lecteur pressé en conclut qu’un produit Arkevi existe, ou qu’Arkevia appartient à Leroy Merlin. Les deux affirmations sont fausses.
Un coffre-fort numérique, c’est quoi au sens de la loi ?
Un coffre-fort numérique est un service de réception, de stockage et de restitution de documents qui garantit leur intégrité dans le temps et la confidentialité de leur contenu. En France, ce n’est pas une simple étiquette marketing : le terme est défini par la loi.
La loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique a créé l’article L.103 du Code des postes et des communications électroniques. Le décret n° 2018-418 du 30 mai 2018 en a fixé les modalités d’application, aux articles R55-1 à R55-6 du même code. Un prestataire qui utilise l’expression sans remplir ces obligations utilise un mot réglementé à tort.
La différence avec un Drive tient en un mot : la valeur probante. Un PDF rangé dans un Drive prouve qu’un fichier existe, pas qu’il n’a pas été modifié depuis. Un coffre conforme horodate chaque dépôt, scelle le document et journalise les accès. En cas de litige prud’homal, ça pèse lourd.
Second point, la durée. Vous lisez partout que les bulletins sont conservés « 50 ans, conformément au RGPD ». C’est faux. Le RGPD impose l’inverse : limiter la conservation au nécessaire. Les 50 ans viennent de l’article L3243-2 du Code du travail, qui autorise la remise électronique à condition de garantir l’intégrité et la confidentialité du bulletin, et du décret n° 2016-1762 du 16 décembre 2016 : l’employeur conserve une copie pendant 50 ans et la met à disposition du salarié par coffre-fort numérique.
Trois règles en découlent, et elles surprennent souvent :
- L’employeur doit informer le salarié un mois avant de passer au bulletin électronique.
- Le salarié peut refuser, à tout moment, sans avoir à se justifier. L’employeur dispose alors de trois mois pour revenir au papier.
- Le refus est individuel. Un collègue qui accepte ne vous engage pas.
Arkevia en pratique : qui paie, qui voit quoi
Arkevia est gratuit pour le salarié, parce que l’employeur règle l’abonnement, généralement calculé par salarié équipé. Ce n’est pas une gratuité commerciale.
Vous ne pouvez donc pas ouvrir un compte parce que vous en avez envie. Le compte naît d’une invitation du service RH, avec un code entreprise et un lien d’activation. Sans elle, aucune inscription : personne ne peut se créer un accès au coffre d’un salarié.
Le partage des rôles est encadré par le RGPD.
- Votre employeur est responsable de traitement. C’est lui qui décide du déploiement, dépose les documents et répond de leur exactitude. Une demande d’accès ou de rectification passe par lui en premier.
- Cegedim SRH est sous-traitant, au sens de l’article 28 du RGPD. Il héberge, sécurise et restitue, sur instruction du responsable de traitement.
- Vous êtes la personne concernée, avec un droit d’accès direct à vos documents, y compris après la fin du contrat.
Ce dernier point est l’avantage réel : votre coffre est rattaché à vous, pas à votre poste. Vous changez d’employeur, vous gardez l’historique. Votre ancienne entreprise ferme, vos bulletins restent consultables. Un intranet, lui, s’éteint avec le contrat.
La limite, elle, est structurelle : tout dépend de la qualité du dépôt côté employeur. Un coffre parfaitement sécurisé alimenté avec des bulletins manquants reste un coffre à trous. Vérifiez une fois par an que l’année complète est là, surtout en cas de temps partiel ou de plusieurs contrats successifs.
Les 5 garanties du L.103 appliquées à Arkevia
L’article L.103 du Code des postes et des communications électroniques énumère cinq obligations. C’est la grille de lecture la plus utile pour juger n’importe quel coffre-fort numérique, pas seulement celui-ci.
| Garantie légale | Ce que le texte impose | Ce que ça change pour vous |
|---|---|---|
| Intégrité et exactitude | Justifier que le document n’a pas été altéré | Un bulletin produit en justice a une force probante |
| Traçabilité | Journaliser les opérations et garder ce journal disponible | Vous pouvez savoir qui a consulté quoi, et quand |
| Identification de l’utilisateur | Authentifier l’accès selon les règles en vigueur | Un mot de passe partagé n’est plus une option |
| Accès aux tiers autorisés | Ouvrir l’accès aux personnes que vous désignez | Un comptable ou un avocat peut consulter sur votre accord |
| Récupération des données | Vous permettre de repartir avec vos fichiers | Vous n’êtes pas captif de l’éditeur |
La cinquième garantie est celle que personne ne vérifie, et c’est une erreur. La réversibilité décide de ce qui se passe le jour où votre employeur change de prestataire ou résilie le contrat. Sans export possible, vos 50 ans de bulletins deviennent une promesse sans mode d’emploi.
À retenir
Un coffre-fort numérique conforme se juge sur cinq critères écrits dans la loi, pas sur un argument commercial. Si un prestataire ne sait pas citer l’article L.103, la conversation s’arrête là.
- Demandez toujours où se fait l’export, et à qui il appartient.
- La traçabilité protège autant le salarié que l’employeur.
- Une durée de conservation annoncée sans base légale ne vaut rien.
Récupérer l’accès : la séquence qui marche
La plupart des gens qui tapent « arkevi » sont bloqués sur un écran de connexion. Voici l’ordre des opérations, du plus simple au plus lourd.
Étape 1 : vérifier l’adresse
Allez sur myarkevia.com, pas sur une adresse trouvée dans un résultat sponsorisé. Les clones de portails RH sont nombreux, et un faux portail récolte vos identifiants puis vos bulletins.
Étape 2 : retrouver l’identifiant
L’identifiant est presque toujours l’adresse email que votre employeur possède, souvent l’adresse professionnelle. Si vous avez quitté l’entreprise et que cette boîte n’existe plus, la récupération par email échoue. Il faut alors passer par le code entreprise et le support.
Étape 3 : demander le code entreprise au service RH
Ce code est propre à chaque employeur. Il ne se devine pas, ne traîne pas sur un forum, et un code générique trouvé en ligne ne fonctionnera pas. Un appel au service paie suffit en général.
Étape 4 : activer la double authentification
Une fois connecté, activez la vérification en deux étapes et stockez le mot de passe dans un gestionnaire de mots de passe. Un coffre-fort qui contient vingt ans de revenus mérite mieux qu’un mot de passe réutilisé.
Étape 5 : exporter une copie locale
Téléchargez vos bulletins des trois dernières années sur un support que vous contrôlez. Ce n’est pas de la défiance envers l’éditeur : c’est la seule façon de tenir la garantie de récupération dans le temps.
Le détail des blocages courants, mot de passe oublié, email obsolète, code perdu, est traité pas à pas dans le guide de connexion MyArkevia.
Arkevia et Leroy Merlin : d’où sort cette histoire
La requête « arkevia leroy merlin » génère des pages entières. On y apprend qu’Arkevia serait « le coffre-fort numérique de Leroy Merlin », avec un code entreprise qui serait ARKLEROYMERLIN. Une autre page présente Arkevia comme une gamme de cuisines. Une troisième en fait un meuble de rangement.
Aucune de ces affirmations ne tient. Arkevia est un produit de Cegedim SRH, distribué à des milliers d’employeurs. Leroy Merlin, comme n’importe quel grand employeur, peut figurer parmi les clients. Ça n’en fait pas un produit de l’enseigne, et encore moins une gamme de mobilier.
Le mécanisme est classique. Un générateur croise deux entités qui apparaissent ensemble dans une requête, puis rédige un article qui les relie. Le texte est plausible, la structure est propre, le contenu est inventé. Comme plusieurs sites publient la même chose au même moment, l’internaute croit à une information confirmée.
Le code ARKLEROYMERLIN montre le danger concret. Un code entreprise est attribué par l’employeur, jamais par un blog. S’il ne fonctionne pas, vous chercherez l’erreur chez vous alors qu’il n’a jamais existé. Et si un site réclame vos identifiants pour « vérifier » votre compte, c’est du phishing.
Ce que vous ne trouverez pas ailleurs
Aucun des articles bien classés sur ce sujet ne vous dit comment distinguer un vrai coffre-fort d’un site qui prétend l’être. Voici la grille que j’utilise, et elle s’applique à tous les prestataires.
La règle des 3 vérifications
Vérification 1 : l’éditeur a une existence juridique. Cherchez une raison sociale et un numéro RCS ou son équivalent. Arkevia renvoie à Cegedim SRH, société identifiable, rattachée à un groupe coté. Une page qui parle d’une plateforme sans jamais nommer d’éditeur décrit un fantasme.
Vérification 2 : l’obligation légale est citée avec son numéro. « Conforme au RGPD » ne veut rien dire. « Conforme à l’article L.103 du Code des postes et des communications électroniques » se vérifie en trois minutes sur Légifrance. Un texte sérieux cite ses articles.
Vérification 3 : la sortie est possible. Demandez le mécanisme d’export, son format et sa fréquence. Un coffre-fort sans réversibilité est un piège à documents, quelle que soit la qualité de son chiffrement.
Appliquez cette grille aux comparatifs qui prétendent tester Arkevia. Vous verrez vite lesquels ont ouvert le produit pour de vrai.
À retenir
Le nom que vous cherchez n’existe pas, mais le service, oui. Et il est encadré.
- Arkevi est une variante orthographique, pas une marque.
- Le seul portail légitime est myarkevia.com.
- Toute page qui vous donne un code entreprise générique vous fait perdre du temps.
Questions fréquentes
Arkevi et Arkevia, est-ce la même chose ?
Arkevi est une déformation d’Arkevia, utilisée oralement et reprise par des sites automatiques. Aucun service français de coffre-fort numérique ne porte ce nom. Si vous cherchez vos bulletins de paie, le service s’appelle Arkevia et le portail MyArkevia, accessible sur myarkevia.com.
Arkevia est-il gratuit pour le salarié ?
Oui. L’accès est gratuit pour le salarié, car l’abonnement est payé par l’employeur, généralement au nombre de salariés équipés. Vous ne pouvez pas souscrire un compte à titre individuel : l’invitation vient du service RH. Une demande de paiement pour consulter vos propres bulletins est un signal d’alerte.
Que deviennent mes bulletins si je quitte l’entreprise ?
Ils restent dans votre coffre. Le compte est rattaché à vous, pas à votre contrat de travail, et l’historique demeure consultable après un départ. Vous pouvez rattacher un nouvel employeur au même espace si celui-ci utilise aussi Arkevia. Pensez malgré tout à exporter une copie locale, par précaution.
Combien de temps mes bulletins sont-ils conservés ?
Cinquante ans, en application du décret n° 2016-1762 du 16 décembre 2016, qui impose à l’employeur de conserver une copie du bulletin et de la mettre à disposition par coffre-fort numérique. Cette durée relève du droit du travail, pas du RGPD, contrairement à ce qu’affirment de nombreux articles.
Puis-je créer un compte Arkevia sans mon employeur ?
Non. Il n’existe pas d’inscription publique. Le compte est créé à partir d’une invitation envoyée par l’employeur, avec un code entreprise et un lien d’activation. Si votre entreprise n’a pas déployé Arkevia, vous ne pouvez pas l’utiliser seul, même en payant.
Arkevia est-il certifié NF Z42-013 ?
Arkevia communique sur sa conformité aux référentiels d’archivage électronique, dont la NF Z42-013 et la NF Z42-020, cette dernière datant du 30 mai 2018 et portant spécifiquement sur le composant coffre-fort numérique. Une conformité déclarée n’équivaut pas à un certificat délivré par un organisme accrédité. Demandez le document exact à votre service RH avant de l’inscrire dans un contrat.
Existe-t-il des alternatives à Arkevia ?
Oui. MyPeopleDoc, Silae avec eDocPerso, Payfit ou Coffreo occupent le même terrain. Le guide MyPeopleDoc détaille le fonctionnement du premier. Le choix appartient à l’employeur, pas au salarié, mais connaître les critères d’un coffre-fort numérique sécurisé vous aide à poser les bonnes questions.
Conclusion
Le mot « arkevi » ne désigne rien de précis, et c’est ce qui rend la recherche si pénible. Derrière ce nom mal orthographié se trouve un service réel, Arkevia, édité par Cegedim SRH, accessible par le portail MyArkevia. Un compte ne s’ouvre pas à la demande : l’employeur invite, vous activez.
Le reste est une question de méthode. Vérifiez l’éditeur, exigez le numéro d’article plutôt qu’un slogan, et assurez-vous que vos documents peuvent sortir du coffre. Trois réflexes qui vous éviteront de confier vingt ans de fiches de paie à un site qui n’existe que pour capter votre clic.
Votre employeur utilise un coffre-fort numérique et vous ne savez pas lequel ? Demandez le nom de l’éditeur au service paie. La réponse tient en un mot, et ce mot n’est probablement pas celui que vous tapiez.



